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DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ / MMG : « LES DÉCIDEURS ONT FOULÉ AUX PIEDS LES FONDEMENTS DE NOTRE CULTURE ET NOS NORMES »

DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ / MMG : « LES DÉCIDEURS ONT FOULÉ AUX PIEDS LES FONDEMENTS DE NOTRE CULTURE ET NOS NORMES »

Dans un communiqué de presse rendu public le Dimanche 28 Juin 2020, le Secrétaire général du Mouvement Mon Gabon (MMG), BIYOGO Martial, donne la position de l’association qu’il représente à la suite de la dépénalisation par les parlementaires de l’homosexualité dans notre pays. En des termes clairs et précis, le MMG par la voix de son délégué s’exprime en ces termes ;

« En Europe, les groupes d’homosexualités apparaissent après la seconde guerre mondiale et le phénomène s’accélère autour des années 60-70. Ces groupes s’inscrivent dans celui de la contre-culture de cette époque. L’objectif poursuivi étant la libéralisation de l’homosexualité (Gay Lib).

En Afrique et particulièrement au Gabon, les homosexuels, les prostituées et même les braqueurs ne rencontrent pas de problèmes spécifiques même si la cohabitation entre homosexuels et hétérosexuels semble   compliquée. Toujours est-il que le phénomène homosexuel intègre le quotidien des gabonais.

Les homosexuels n’ont jamais été lapidés, ils ne subissent pas de violences symboliques particulières même si leur existence est souvent difficile à accepter par les familles et par la communauté toute entière.

Aujourd’hui, les gouvernants ont décidé de la dépénalisation de l’homosexualité, c’est-à-dire porter sur la place publique les problèmes de sexe. Cette décision a été prise sans consulter la société civile, les ONG et associations, mais surtout sans évaluer au préalable l’impact négatif ou positif qu’elle pourrait susciter dans la conscience collective de notre formation sociale. Aussi, les décideurs ont foulé aux pieds les fondements de notre culture et nos normes, nos traditions qui interdisent l’exposition des problèmes de sexe en public.

Dans notre organisation sociale, les femmes parlent de sexe à la rivière, loin du village. Il y a parfois des chants liés au sexe au cours des parties de pêche. Arrivées au village, tout s’arrête et la vie reprend son cours. A ce titre, nous pensons que les gouvernants doivent réfléchir sur les conséquences de certaines décisions dans un désert démographique comme le nôtre qui subit les ravages de la pandémie du Coronavirus au lieu de vouloir distraire le peuple.

Nous devons réfléchir comment relancer l’économie au sortir de la crise sanitaire ;

Comment faire pour que l’économie puisse donner l’essentiel du bien-être existentiel aux gabonaises et gabonais ;

Comment créer la richesse afin de résorber le problème du chômage ;

Quelle stratégie adopter pour que nos enfants regagnent les salles de classe avec les effectifs pléthoriques que nous connaissons. Et c’est à tous ces questionnements que l’Autorité suprême de l’Etat devrait s’atteler à résoudre au lieu de parler publiquement de sexe.

La dépénalisation de l’homosexualité ne constitue pas une priorité pour les Gabonais. Ces derniers aspirent à un mieux-être et il est du devoir des gouvernants d’y participer en redistribuant de façon équitable les richesses. Les agents publics ont droit aux avancements, aux rappels et aux services rendus et les gouvernants doivent faire en sorte que cela devienne effectif car cela fait partie de leurs droits.

Les gouvernants doivent également penser à une planification rationnelle du développement rural en accélérant l’électrification des villages, mais aussi en créant une banque de semences permettant à chacun de participer à la réduction de la dépendance alimentaire.

Pour nous, la dépénalisation de l’homosexualité n’est pas une priorité pour l’ensemble des gabonais. En ce moment, les gabonais ont peur de voir la Covid-19 décimer leur nation. Ils sont incertains face à l’avenir de leurs enfants au moment où les 500 salles de classe peinent à sortir de terre.

Il est bien vrai que les salles de classes soient importantes mais il faut penser à flasher les enfants chaque matin pour s’assurer qu’aucun élève ne viendra contaminer les autres. Il faut repenser les curricula, les concours et les mises en stage, le Mouvement Mon Gabon est prêt à accompagner le gouvernement dans la recherche des solutions idoines permettant d’asseoir une planification rigoureuse de notre développement. »

 

Par S.E MISSÉVOU

                                                                                         

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