Share
« ALI BONGO ONDIMBA, MYTHE OÙ RÉALITÉ ?» S’INTERROGE RICHARD MOULOMBA MOMBO

« ALI BONGO ONDIMBA, MYTHE OÙ RÉALITÉ ?» S’INTERROGE RICHARD MOULOMBA MOMBO

Le président de l’Alliance pour la Renaissance Nationale « ARENA », Richard Moulomba Mombo, membre de la coalition pour la nouvelle république « CNR », dans un entretien face a la presse s’est exprimé sur les questions politique de l’heure, parmi lesquelles ; la prestation de serment des membres du Gouvernement devant le Chef de l’État, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, le putsch manqué des militaires de la garde républicaine (GR) ainsi que des divergences d’opinions au sein de la classe politique de l’opposition.

Ci-dessous, l’intégralité de l’interview accordée a la presse

Monsieur le président, il y a différents sons de cloches dans les rangs de l’Opposition gabonaise quant à l’état de santé du président Gabonais. Cela ne témoigne-t-il pas d’une incapacité à parler d’une même voix de vôtre part? 

Merci de me donner l’occasion de m’exprimer dans votre média. La démocratie trouve ses sources dans ce qu’il y a de fondamental chez chaque humain : la liberté.

Ceci, dans les limites des lois en vigueur, censées être faites par lesdits humains. Et c’est justement parce que, la différence entre nous, notamment d’opinions, loin d’être une source de régression, enrichit les débats de sociétés et la transforme en devenant source et moteur de développement.

D’ailleurs, je voudrais vous rappeler, sans vous instruire, que nulle part dans le monde démocratique, il n’y a une Opposition unique (c’est-à-dire, fondue en un tout), quand bien même elle peut être unie à certains moments historiques ou non (c’est-à-dire parler d’une même voix et agir ensemble sur une question qu’ils jugent majeure et dont les points de vue convergent) ! Donc, unicité et union sont deux notions à ne pas confondre. Pour ce qui est du débat sur la santé du président Ali Bongo, il y a très peu de différences de vues entre nous à l’opposition.

A propos, certains d’entre vous ont parlé de la nécessité de respecter la Constitution. Après le discours à la Nation du Chef de l’État, prononcé depuis Rabat au Maroc, le 31 décembre 2018, votre position reste-t-elle la même ? 

D’abord, je n’en fais pas partie. L’ARENA a été, dès les premiers moments, le premier parti politique à prendre une position sans équivoque : la voie de sortie pour arrêter notre crise, est politique. Il faut s’asseoir, pour en définir ensemble les contours.

Elle n’est donc ni dans celle d’un coup de force, ni dans celle du respect unilatérale de la Constitution, qui conduisent tous les deux à regretter à nouveau des morts. Ensuite, il faut que chaque gabonais s’approprie l’alinéa 21 de l’Article premier de notre Constitution. Il confirme que la présidente de la Cour constitutionnelle ne peut être seule protectrice et défenseure de notre constitution.

C’est une prérogative de chaque citoyen. Ce qui est bien, face aux «perfides trompeurs». Et puis, ce discours prononcé à Rabat, pose d’énormes problèmes juridiques : le siège du pouvoir gabonais est à Libreville ; les ambassades (selon la convention de Viennes) ne sont pas des prolongements des territoires nationaux, elles bénéficient juste du principe d’inviolabilité des franchises ; que valent les actes juridiquement posés à cet endroit ? Dans quel journal officiel normal, ces actes seront-ils publiés et avec quelles références ?

Le problème n’est pas ailleurs : il s’agit de la vacance de pouvoir. Vivant ou non ! Et donc de son niveau de motricité (physique, intellectuelle, mentale, morale et même spirituelle). C’est pour cette raison qu’être Chef de l’Etat a des exigences dès le départ.

La fameuse visite médicale assortie d’un certificat ! Il peut parfaitement être vivant mais inopérant pour la fonction présidentielle.

C’est là le centre du débat ! Madame Mborantsuo se croit au dessus des lois pour les violer à souhait, y compris porter un coup la toge du président de la République, un coup, la toge du parlement, un coup la toge du peuple souverain.

La seule grande différence que je vois, est que certains, dont moi, au-delà du constat, se sont projetés dans l’avenir, pour parler de la vacance de pouvoir qui est un fait, et de ses conséquences, en mettant en avant les voies qu’ils estiment les meilleures pour sortir le Gabon de cette crise multidimensionnelle et sectorielle

Le président de la République est totalement remis de ses ennuis de santé, annonçait récemment le porte-parole de la Présidence de la République. 

J’ai l’impression que les mots français n’ont pas la même signification chez chacun de nous. C’est bien ici l’épicentre du pouvoir gabonais. Surtout qu’ils y ont construit les meilleurs hôpitaux d’Afrique! On oublie que le président de la République est une institution, qui représente toute une Nation, et à ce titre, elle ne doit vivre au rythme d’aucun individu, quelque soit son génie.

Le président est bien à Libreville depuis ce mardi matin pour la prestation de serment des membres du Gouvernement. N’est-ce pas la preuve qu’il est en capacité d’assumer la fonction présidentielle? 

La prestation de serment ? Pourquoi tant de mystères autour de celle-ci ? Pourquoi est-elle si fermée alors qu’elle est constitutionnelle ? Et cette prestation se fait devant qui ? Le président de la République ? Qui l’a vu arriver à Libreville ? Même pas leurs propres partisans qui ont pourtant fabriqué tee-shirts et casquettes pour l’accueillir triomphalement. Tous ces micmacs laissent plus de points d’interrogation qu’ils n’en résolvent. Donc, loin de dissiper les doutes, ils les renforcent.

Sa présence à Libreville vous rassure-telle en tant qu’Opposition ?

Dans la société punu à laquelle j’appartiens, on parle beaucoup de «Ditengou». Et seuls les initiés les voient. Je n’appartiens pas à ce cercle. Et le Gabon n’est pas un cercle ésotérique, ni un de ces cercles secrets.

 Il y a récemment eu l’élection du Président de l’Assemblée nationale, ainsi que les dernières nominations, y compris du nouveau Premier ministre et son gouvernement.

D’abord sur l’élection du Président de l’Assemblée nationale, au-delà de la personne de Faustin Boukoubi que je peux me permettre de féliciter, il y a que l’ARENA mon parti, est de ceux qui prônent la mise à plat de nos Institutions. Ce que nous appelons de tous nos vœux, et qui va se faire. Donc pour nous, toute cette comédie se fera dans les normes républicaines.

Ensuite, pour ce qui est des dernières nominations, je ne comprends pas pourquoi tant de jeu de cache-cache mal caché ! On prétend que c’est Ali Bongo qui aurait signé les décrets y relatifs. Mais pourquoi si loin du territoire national ? Quelle en est la valeur des actes finalement ? A qui et quand le Premier ministre sortant a-t-il remis sa démission, acte des us démocratiques ? Le sommet de l’Etat au Gabon se croit divinement autoriser à violer sans rire et à volonté la loi.

Un mot sur la tentative de coup d’État du 07 janvier 2019?

Je suis moins bien placé que les putschistes eux-mêmes. Je crois qu’ils en ont donné une idée dans leur déclaration. Si je puis me permettre une observation, c’est que d’une part, pour un coup d’Etat, ça parait d’une légèreté extraordinaire ; d’autre part, est-ce qu’il appartient au tribunal civil de juger un officier militaire ? En tous les cas, ce coup de force laisse d’énormes points d’interrogation chez plus d’un gabonais. Dans les prochains jours, la vérité sortira et nous éclairera.

Source / AGP

Leave a Comment