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RÉSILIENCE ÉCOLOGIQUE : COMMENT LA PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ PEUT ÊTRE SOURCE DE GAIN ?

RÉSILIENCE ÉCOLOGIQUE : COMMENT LA PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ PEUT ÊTRE SOURCE DE GAIN ?

Prendre soin de la biodiversité peut être bénéfique pour les populations et les économies. A partir de l’expérience d’un cultivateur éthiopien, pays d’Afrique situé sur la corne du continent, la Banque mondiale en donne la preuve.

L’expérience vécue par la Banque mondiale se déroule en Ethiopie, dans la réserve de biosphère de Kafa, une zone protégée du sud-ouest de l’Ethiopie. Tsefaye Kidane, jeune cultivateur âgé de 40 ans a permis à l’institution financière, promotrice d’un programme de gestion durable des terres en Ethiopie, de comprendre que l’on peut tirer des bénéfices multiformes de la préservation de la terre et partant, de la biodiversité.

Repreneur d’une vieille exploitation agricole de son père, Tsefaye Kidane, pour maximiser le rendement de cette exploitation va rehausser la qualité du sol, modifié par des décennies de dégradation des terres aggravées par les méfaits du dérèglement climatique. L’agriculteur va s’attaquer au problème de l’érosion en créant des terrasses sur son terrain escarpé, en construisant des digues, en épandant du compost et en veillant à un usage durable des sols. Ce dernier est unanime : « avant ces mesures de conservation des sols et de l’eau, la terre était incapable de produire ne serait-ce que de l’herbe pour le fourrage. »

Aujourd’hui l’agriculteur éthiopien tire largement profit de ses efforts pour maintenir intact ses terres. Sa qualité de vie et celle de sa famille s’est de mieux en mieux améliorée, grâce au rendement agricole de sa ferme. Certaines productions essentielles ont été multipliées. C’est le cas du café, la principale source de revenus de la famille dont le rendement représente désormais 2 à 3 tonnes par hectare contre 0,5 à 0,6 tonne lorsque l’agriculteur a commencé à exploiter ses terres.

Cette expérience qui est une bonne illustration de ce qu’est le développement durable, permet de comprendre que prendre soin de la terre et préserver la biodiversité, en veillant notamment à la bonne santé des sols, à un accès à l’eau régulier et au rôle de la pollinisation, sont des conditions essentielles pour assurer la subsistance des populations rurales. La protection des écosystèmes constituent pour la Banque mondiale une véritable « planche de salut » pour les plus pauvres.

Bien que cette expérience semble unique à ce cultivateur et isolé à l’Ethiopie, la préservation de la biodiversité de quelque manière que ce soit au monde, par les populations ou les pays a toujours était source de gain. Payer en septembre 2019 par la Norvège à hauteur de 150 millions de dollars, soit environ 90 milliards de francs CFA pour ses efforts de lutte contre la déforestation, le Gabon a montré que la résilience écologique pouvait être source de revenu. Cette action conforte d’ailleurs le pays dans sa lancé qui multiplie depuis, les actions dans le sens d’une meilleur maîtrise de la gestion de sa biodiversité. Par ailleurs, cela a été une source de motivation pour les autres pays du continent à agir.

Aujourd’hui, alors que le monde est de plus en plus confronté à une décadence à tous les niveaux, la Directrice mondiale pour l’environnement à la Banque mondiale, Karin Kemper, estime que « pendant la période de reprise après le coronavirus, la nature jouera un rôle clé pour garantir une meilleure adéquation entre la santé humaine et celle de la planète ». Car selon cette dernière, « la nature n’est pas un luxe. C’est le fondement de la stabilité économique, de la réduction de la pauvreté et de la prospérité partagée ».

 

La Rédaction

 

 

 

 

 

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