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RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : LES FORÊTS DU BASSIN DU CONGO PLUS RÉSILIENTES QUE LES FORÊTS AMAZONIENNES

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : LES FORÊTS DU BASSIN DU CONGO PLUS RÉSILIENTES QUE LES FORÊTS AMAZONIENNES

Une étude publiée récemment dans la revue scientifique internationale « Science », à laquelle a pris part le ministre des eaux et forêts, le Professeur Lee White en qualité de chercheur est formelle : les forêts du Bassin du Congo seraient plus résilientes au changement climatique que les forêts amazoniennes. Pour les pays de cette zone, cela signifie revoir leur rapport à ces forêts.

Jusqu’ici présenté comme l’une des forêts au monde la plus accomplie au monde, en terme de ressources naturelles et de contribution à l’équilibre écologique, la forêt amazonienne sombre progressivement sous l’effet de la déforestation et de l’exploitation abusive de ses ressources. Plus puissant puis de carbone jadis, ces forêts deviennent de moins résiliente que celles du Bassin du Congo. Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique « Science » en donne la preuve.

Selon cette étude, les forêts tropicales peuvent continuer à stocker de grandes quantités de carbone sous des températures élevées. « La sensibilité à l’égard des forêts tropicales au climat, en particulier aux effets d’assèchement et de réchauffement à court terme, est l’une des principales incertitudes lorsqu’il s’agit de prévenir les changements climatiques à l’échelle mondiale. Cette étude démontre une fois de plus que les forêts tropicales humides du Bassin du Congo sont beaucoup plus résilientes que celles de l’Amazonie face au réchauffement de la terre », explique le Professeur Lee White qui a participé à l’étude.

Intitulée « Sensibilité thermique sur le long terme dans les forêts tropicales de la planète », l’étude est catégorique : pour maintenir le rôle de ces forêts, les pays doivent limiter leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Ces conclusions s’appuient sur des données basées sur la mesure du niveau de stockage de carbone de plus d’un demi-million d’arbres répartis dans 813 forêts. Ce n’est cependant pas la première fois que des scientifiques s’illustrent dans une étude comparative entre les forêts amazoniennes et celles du Bassin du Congo. En mars 2020,  la revue scientifique « Nature » s’était déjà aventurée sur ce terrain. Le résultat était lui également sans appel sur la capacité des forêts tropicales d’Afrique à être plus résilientes au changement climatique que celles d’Amazonie.

A quelques mois de la Cop 26 qui aura finalement lieu en 2021 en raison de la situation sanitaire mondiale actuelle, cette étude interpelle la communauté internationale à agir pour sauvegarder ces forêts, alors que la planète empreinte un virage climatique dangereux. C’est d’ailleurs le vœu du Professeur Lee White, ministre des eaux et forêts et partie prenante à cette recherche. Pour ce dernier, « il est essentiel que la communauté internationale se mobilise afin de mettre en œuvre et renforcer l’Accord de Paris en marge de la prochaine COP26. »

Pour les pays concernés, cela signifie de revoir complétement l’orientation de leur politique de développement, basée en grande partie sur l’exploitation des ressources naturelles, de les conformer à cette alerte scientifique, tout en veillant à limiter l’usage économique des forêts. En effet, comme dans bien des pays à travers la planète, la réduction des émissions de GES annoncées dans les engagements existants de Paris ne sont pas suffisamment respectées. Ce qui implique ces Etats à amorcer leur résilience au changement climatique.

Même si les pays développés qui sont les grands pollueurs de la planète doivent accompagner cette transition, les pays du Bassin du Congo doivent se saisir de cette étude pour enclencher le processus de formalisation des politiques nationale dans le domaine de l’environnement, conformément à la vision de la COP 21 de Paris de 2016, qui favorise notamment l’émancipation de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) qui elle, favorise la coopération entre les pays pour atteindre, de façon coordonnée, des objectifs communs de lutte contre le changement climatique. Afin, de réduire de 45 %, les émissions de gaz à effets de serre dès 2030. Ce n’est qu’à ce prix que les conclusions de cette étude pourraient avoir de la valeur.

 

Source : La Lettre Verte

 

 

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