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CONSERVATION JUSTICE LOUE LA DÉCISION DE PROTECTION DES PANGOLINS ET CHAUVE-SOURIS AU GABON

CONSERVATION JUSTICE LOUE LA DÉCISION DE PROTECTION DES PANGOLINS ET CHAUVE-SOURIS AU GABON

Le 31 mars 2020, l’Etat Gabonais a publié une importante décision qui renforce la protection des espèces de faune menacées et sensibles et la sécurité des populations.

 

Le gouvernement Gabonais a rendu public un arrêté portant sur l’interdiction de la chasse, la capture, la détention, la commercialisation, le transport et la consommation des pangolins et des chauves-souris, ceci par l’arrêté 0024/PR/MEFMEPPCODDPAT. Les trois espèces de pangolin comme les espèces de chauves-souris qui vivent au Gabon sont donc protégées par cet arrêté.

L’ONG Conservation Justice félicite cette nouvelle décision, qui entre dans le cadre des mesures de précaution prises par le Gouvernement pour réduire au maximum les éventuels risques de propagation de la pandémie du Coronavirus (Covid-19) ou d’apparition de nouveaux virus et épidémies.

« Les maladies infectieuses émergentes chez les humains sont souvent causées par des agents pathogènes provenant d’hôtes animaux, et les foyers de zoonoses représentent un défi majeur pour la santé mondiale », écrivent des chercheurs de l’Université de Davis en Californie, qui ont mené une étude qui vient de paraître le 8 avril 2020, dans Proceedings of the Royal Society B. 

La zoonose correspond à la transmission d’un pathogène de l’animal vers l’humain. Leur travail de recherche confirme ce que l’on savait déjà : l’impact croissant de l’humanité sur la vie sauvage augmente les risques de zoonoses. Et le commerce de la faune sauvage constitue un risque évident de transmission de virus : 65 % des maladies émergentes sont issues des animaux. Ebola, Covid-19, SRAS, le Sida, toutes ces maladies d’origine virale prospéraient chez les animaux sauvages avant de franchir la barrière des espèces.

La chasse, le commerce et la consommation d’animaux sauvages constituent dès lors un risque sérieux pour l’humanité.

A ce jour, beaucoup parmi la communauté scientifique estiment que le nouveau coronavirus provient de la chauve-souris, mais qu’il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme. Des chercheurs chinois ont affirmé que cet animal intermédiaire pourrait être le pangolin.

Comme les autres pays d’Afrique centrale, le Gabon, même s’il est relativement épargné par rapport à ses voisins, n’échappe pas au trafic international de pangolin et particulièrement de ses écailles. Le pangolin est d’ailleurs le mammifère le plus trafiqué au Monde. Des saisies de plusieurs tonnes d’écailles qui viennent d’Afrique sont fréquentes en Asie.

Le Gabon a fait des efforts importants en matière de lutte contre le trafic de faune, que ce soit vis-à-vis de l’ivoire d’éléphant mais aussi des écailles de pangolin. Outre un renforcement de la législation qui prévoit des peines allant jusqu’à dix ans de prison pour les trafiquants d’ivoire, les contrôles sont renforcés et des chiens renifleurs travaillent aux frontières, comme l’a expliqué le Ministre des Eaux et Forêts, Lee White, au journal Le Monde.

Actuellement, on note une baisse du commerce de la viande de pangolin au Gabon, qui est sans doute une conséquence de la crise sanitaire actuelle. Sur les marchés gabonais, les commerçants illicites ont perdu leurs meilleurs clients. Ces derniers affirment que des acheteurs, généralement des Chinois, venaient se procurer la grande partie de leur cargaison de pangolin.

Trois des quatre espèces africaines de pangolin vivent dans les forêts qui recouvrent 88% du territoire gabonais. Seul le pangolin géant était intégralement protégé au Gabon, alors que le commerce international de toutes les espèces de pangolins est interdit depuis 2017. La nouvelle interdiction vient ainsi renforcer la protection de cette espèce mais aussi des populations.

 

Par CONSERVATION JUSTICE

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